En octobre 1880, Savorgnan de Brazza quitte la rive droite du Congo, après avoir convaincu le Makoko de Mbé de pavoiser la région aux couleurs de la France en échange de sa bienveillante protection contre les menaces impérialistes et esclavagistes.
En se présentant au roi, le Makoko de Mbé, Brazza s’était réclamé du Grand Esprit Nkoué Mbali qui, lui étant apparu enfant dans la bibliothèque du château de Castel Gandolfo en Italie, près de Rome, lui avait demandé de créer « un pont entre l’Europe et l’Afrique ».
Pour représenter la France, Savorgnan de Brazza laisse au poste de M’fa, future Brazzaville, seulement deux soldats commandés par le sergent Malamine Camara.
Ce sergent restera sur place dix-huit mois, sans aucune aide matérielle ni autres instructions des autorités françaises. Il s'organisera pour subsister et établira avec les autochtones des relations aussi cordiales que confiantes.
Grâce à lui, les droits de la France seront affirmés et maintenus face à l’explorateur Stanley, mandaté par le roi des Belges, qu’il impressionnera par sa prestance. Ainsi, le sergent Malamine, en arrêtant le redoutable aventurier anglo-américain dans sa volonté de conquête régionale, parviendra à garder à la France le territoire que Brazza lui avait confié.
Le sergent Malamine joua ainsi un rôle déterminant dans la conquête française, entièrement pacifique, fondée sur le rejet de l’esclavage, du bassin du Congo.
Notre Institut, en souvenir de la bravoure et de l’engagement du Sergent Malamine Camara au service de la France et de l’Afrique, mêlés au nom d’un noble idéal, a pris pour figure de proue ce personnage emblématique des liens franco-africains.